La création de protéines à façon : bientôt un traitement contre une vaste gamme de maladies graves ?

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Notre organisme fabrique environ 20 000 différentes sortes de protéines (collagène, hémoglobine,… ), à partir de chaînes d’acides aminés. La forme particulière de la protéine lui permet d’accomplir une tâche particulière, comme transporter de l’oxygène dans le corps, ou aider à digérer de la nourriture. Mais des scientifiques sont maintenant capables de créer des protéines totalement nouvelles, dans le but de leur assigner des tâches bien particulières. Il s’agit d’une avancée scientifique majeure, car prochainement, des chercheurs seront capables de concevoir des outils moléculaires adaptés pour répondre à une vaste gamme de besoins.

Les scientifiques s’intéressent depuis très longtemps aux protéines, et au fil du temps, ils ont compris comment elles étaient produites par l’organisme. Toutefois, ils ont toujours rêvé de créer des protéines inexistantes dans la nature pour accomplir certaines tâches.

Mais ils ont toujours buté sur un obstacle, et jusqu’alors n’étaient jamais parvenus à comprendre comment une protéine prenait sa forme définitive, ce qu’ils ont appelé le « problème du repliement ». Mais l’équipe du Docteur David Baker, qui dirige l’Institute for Protein Design de l’Université de Washington, vient peut-être de résoudre cette énigme. En conséquence, elle a conçu des milliers de différentes sortes de protéines, dont elle a elle-même défini la forme.

HB1.6928.2.3 contre la grippe efficace à 100 % sur des souris

L’équipe du Docteur Baker a déjà créé des protéines destinées à lutter contre les virus de la grippe, d’autres qui décomposent le gluten, ou encore d’autres capables de détecter des traces de fentanyl (une drogue dérivée de l’opium qui est actuellement à l’origine d’une épidémie d’overdoses aux États-Unis) dans l’organisme.

La protéine nommée HB1.6928.2.3, créée par l’équipe du Docteur Baker pour lutter contre la grippe, a été vaporisée près du museau de souris auxquelles on avait inoculé des charges mortelles de virus de la grippe. Aucune des souris n’a développé la maladie.

Des possibilités infinies… pour une gamme d’applications infinies

Jusqu’alors, les scientifiques se contentaient d’exploiter les protéines existantes pour en développer les applications. Par exemple, certains étudient les protéines des coquilles d’ormeaux dans l’espoir de fabriquer de meilleures armures ; d’autres analysent la soie d’araignée, pour fabriquer des cordages solides. Certains chercheurs soumettent ces protéines à des modifications modestes, pour tenter de développer de nouvelles applications.

Mais la conception de protéines entièrement nouvelles est susceptible d’ouvrir la voie à des possibilités infinies. Des chercheurs travaillent actuellement sur les virus pour développer un moyen de les utiliser pour transporter des gènes vers des cellules. Mais ces travaux s’avèrent compliqués, en raison de la nature même des virus. Des protéines créées ad hoc seront probablement capables de répondre à ce besoin. Il sera alors possible de soigner certaines maladies héréditaires, ou le cancer, par exemple.

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2017/12/27