Depuis les années 1980, l’énergie contenue dans les océans a augmenté de l’équivalent d’un milliard d’Hiroshimas

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La mesure de la température des océans a toujours été compliquée, en raison de leur vaste surface, mais aussi du fait qu’ils sont stratifiés. Pourtant, elle est déterminante pour comprendre la genèse de certains phénomènes naturels, et améliorer la qualité des prévisions. Et cela est d’autant plus vrai que les océans recèlent une force colossale qui augmente considérablement à la faveur du réchauffement climatique.

Avant les années 80, les navires enregistraient automatiquement la température de la mer, mais les différences de profondeur de ces mesures, et le manque de données concernant les zones les moins fréquentées privaient ces chiffres de toute fiabilité et de toute exhaustivité.

Par la suite, ce sont les satellites qui ont mesuré la température de la mer, mais leurs capteurs peuvent être troublés par les nuages. Ce n’est vraiment qu’à partir des années 2000 que l’on a commencé à surveiller régulièrement les températures de la mer, grâce à une flotte de près de 4.000 bouées qui dérivent au gré des courants entre la surface et une profondeur d’environ 2.000 mètres maximum. Cette collecte de données a totalement révolutionné le travail des océanographes, explique The Economist.

L’océan, une réserve d’énergie colossale

Tout d’abord, elles permettent de mieux comprendre les catastrophes naturelles. Les 3 premiers mètres des océans contiennent plus d’énergie issue de la chaleur que l’ensemble de l’atmosphère. La manière dont cette énergie se libère dans l’air, le site et le moment où cela se produit, détermine la force et la fréquence des systèmes de tempêtes.

Or, cours du dernier siècle, la température moyenne à la surface des océans a augmenté d’environ 0,9° C. “Cela signifie que depuis les années 80, environ 1 milliard de fois l’énergie des bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki s’est ajoutée à l’océan, à peu près l’équivalent d’une explosion atomique toutes les quelques secondes”, peut-on lire dans The Economist.

La mousson, ou les cyclones

Cependant, on ne sait pas exactement comment cette énergie va se transférer sur l’atmosphère sur de larges zones géographiques. C’est d’autant plus regrettable, que ce phénomène permettrait de mieux comprendre la mousson. “Ces eaux de pluie dépendent de la taille énorme du Golfe du Bengale, et de la quantité d’eau douce qui se déverse dans les systèmes fluviaux du Gange et du Brahmapoutre. Comme cette eau douce en surface se mêle difficilement à l’eau salée plus dense en profondeur, la surface se réchauffe fortement, ce qui produit une importante évaporation”, explique le magazine.

Une meilleure compréhension de ces processus permettrait d’améliorer les prévisions concernant la mousson mais aussi les phénomènes tels que les cyclones.

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2018/03/13/